Arsenal

Álvarez : Simeone a tranché, et Arsenal reste le seul chemin ouvert

Julián Álvarez a publiquement demandé à partir, Diego Simeone lui a répondu que le club avait pris sa décision. Le Barça a vu son offre écartée, le Real aussi. Ce qui est confirmé, ce qui reste très incertain, et pourquoi Arsenal se retrouve seul en lice presque par défaut.

Il y a des dossiers qui avancent, d’autres qui reculent, et puis il y a celui-là : tout le monde parle, personne ne bouge. Depuis un mois, Julián Álvarez a dit publiquement qu’il voulait partir, son entraîneur a répondu publiquement qu’il restait, deux clubs espagnols ont vu leurs offres écartées, et l’Atlético a porté plainte devant la FIFA. Au milieu de ce bazar, Arsenal n’a rien déclaré du tout. Et se retrouve pourtant, presque par défaut, dans la position la plus favorable.

Petit rappel utile : mi-juillet, on écrivait ici même qu’Álvarez était la priorité offensive d’Arteta et qu’Arsenal voulait boucler avant la reprise du 20 juillet. Trois semaines plus tard, cette version n’est plus valable sur plusieurs points. D’où cette mise à jour.

Ce qui est confirmé

  • Álvarez a demandé à partir, publiquement. Après la victoire de l’Argentine 2-0 contre l’Autriche pendant le Mondial, il a expliqué à ESPN qu’un transfert serait « la meilleure issue » pour lui comme pour le club, et qu’il voulait réaliser un rêve. Il n’a pas nommé Barcelone, mais personne n’a eu de mal à compléter la phrase.
  • Simeone a répondu, et sa réponse ferme la porte. En conférence de presse à Séoul, avant l’amical contre Manchester City, il a lâché : « La situation est très claire. Le club a pris une décision que Miguel Ángel a bien expliquée. » Il a ajouté que l’Atlético était heureux de compter Álvarez et l’aiderait à continuer de progresser. Traduction : il reste.
  • Le Barça a mis environ 100 M€ et s’est fait éconduire sans que l’Atlético prenne l’offre au sérieux.
  • Le Real Madrid avait tenté 150 M€ en juin, refusés également.
  • L’Atlético a déposé plainte devant la FIFA et la fédération espagnole contre Barcelone, accusant les Catalans d’avoir approché le joueur sans autorisation. On n’est plus dans la négociation, on est dans le contentieux.
  • La direction et le staff sont alignés. Ce n’est pas un caprice de Simeone dans son coin : le club, par la voix de son directeur général Miguel Ángel Gil Marín, a acté la même position.

Ce qui reste ouvert, et qu’il faut manipuler avec des pincettes

  • L’échange avec Gyökeres. Plusieurs médias ont rapporté fin juillet un montage à environ 50 M€ plus Viktor Gyökeres dans l’autre sens, certains évoquant même un accord de principe entre les clubs. Attention : aucune source de premier plan ne l’a confirmé. Ni Ornstein, ni Romano, ni Sky, ni la BBC. Tant que ces noms-là ne l’écrivent pas, on le range dans « rapporté », pas dans « acté ».
  • Le choix du joueur. C’est le vrai verrou. Álvarez veut Barcelone, et un joueur qui ne veut pas venir ne vient pas, quel que soit l’accord entre clubs.
  • La position réelle d’Arsenal. Le club n’a rien laissé filtrer. On ne sait pas si une offre a été formulée, ni à quel niveau.
  • Ce qu’Arsenal ferait de Gyökeres. S’il part, il faut un numéro 9. Si Álvarez ne vient pas, on a résolu un problème qu’on n’avait pas et créé celui qu’on n’avait pas envie d’avoir.

Pourquoi Arsenal se retrouve seul en lice

La logique est simple et elle n’a rien de flatteur pour nous. L’Atlético refuse catégoriquement de renforcer un rival de Liga, ce qui élimine Barcelone et le Real d’un trait. Reste l’étranger. Et parmi les clubs capables d’aligner ce type de montant pour un attaquant de 26 ans, Arsenal coche les cases : hors d’Espagne, champion d’Angleterre en titre, finaliste de Ligue des champions la saison dernière.

Autrement dit, on n’est pas en tête parce qu’on a mieux travaillé le dossier. On est en tête parce qu’on est le seul guichet que l’Atlético accepterait d’ouvrir. Nuance importante quand on lit les titres du type « Arsenal favori ».

Sources et fiabilité

Source Fiabilité Ce qu’elle apporte
ESPN (08/08) Très fiable Les propos de Simeone, les offres écartées du Barça et du Real, la plainte FIFA, les déclarations d’Álvarez
Goal Fiable Le contexte de la conférence de Séoul et la sortie du joueur après Argentine-Autriche
Sports Illustrated Fiable La position de l’Atlético sur les rivaux de Liga
TNT Sports, Football365, Yahoo À surveiller La piste de l’échange avec Gyökeres, non corroborée en premier plan

Le socle factuel est solide. C’est la partie « Arsenal » qui repose sur les sources les plus légères, et c’est précisément celle qui nous intéresse le plus. Prudence, donc.

L’analyse GG

Ce qui frappe, c’est le décalage entre le bruit et le mouvement réel. On parle d’Álvarez à Arsenal depuis six semaines et il ne s’est strictement rien passé de vérifiable côté anglais. Pas une offre confirmée, pas une déclaration, pas une fuite de premier plan. Berta travaille en silence, d’accord, mais à ce stade de l’été le silence commence à ressembler à de l’attentisme.

L’autre point qui me gêne, c’est le montage avec Gyökeres. Sur le papier, échanger un attaquant arrivé il y a un an contre l’un des meilleurs finisseurs du monde, ça se signe les yeux fermés. Sauf que ça suppose de vendre un joueur qu’on a recruté cher, qui a passé une saison à s’adapter, et de le faire dans une opération où c’est nous qui sommes en position de demandeur. Ce genre de deal se retourne vite contre celui qui a le plus besoin de conclure.

Et puis il y a le joueur. Álvarez veut Barcelone, il l’a fait comprendre à tout le monde sauf en l’écrivant sur un panneau. Arsenal serait donc son plan B, dans un transfert à neuf chiffres, sur un poste où l’on manque déjà de solutions. Le genre de configuration où l’on peut réussir un très beau coup, ou payer très cher un joueur qui rêvait d’ailleurs.

Le Community Shield est dimanche, la Premier League démarre le 21 août. Si ce dossier doit se faire, il se fera dans les dix jours. Sinon, il faudra une autre idée, et vite.