Bilan du lundi 6 juillet — Merino brise le rêve de Ronaldo, la Belgique écrase les USA
Fin des 8es de finale. À Dallas, Mikel Merino sort du banc et plante à la 90+1 le seul but d'un Portugal-Espagne verrouillé : la Roja file en quart et Cristiano Ronaldo dispute là son dernier match de Coupe du Monde. Dans la nuit, la Belgique a balayé les États-Unis co-organisateurs (4-1), portée par un doublé de De Ketelaere. En quart : Espagne-Belgique, un duel 100% Gunners.

Les 8es de finale se sont refermés lundi sur deux ambiances opposées. À Dallas, Portugal et Espagne se sont livrés à un long duel d’usure que rien ne semblait pouvoir départager, jusqu’à l’entrée d’un super-sub nommé Mikel Merino. Dans la nuit, la Belgique a passé quatre buts à des États-Unis co-organisateurs dépassés. Au bout du compte, un quart de finale qui va parler à tous les supporters d’Arsenal.
Portugal 0-1 Espagne — Merino, le super-sub qui fait tomber un géant
(Faits — sources : ESPN, Sofascore, Opta.)
Pendant plus de 90 minutes, ce derby ibérique a ressemblé à une partie d’échecs. Deux voisins qui se connaissent par cœur, de longues séquences de possession, et très peu d’espaces. Diogo Costa, impérial dans les buts portugais, a sorti coup sur coup une double parade de grande classe devant Lamine Yamal puis Álex Baena pour maintenir le 0-0. En face, Cristiano Ronaldo, Bruno Fernandes, Pedri et Vitinha n’ont jamais vraiment pesé.
Il aura fallu un coup de génie de la vitesse pour faire sauter le verrou. Dans le temps additionnel, alors qu’un coup franc venait d’être sifflé en faveur de l’Espagne, Ferran Torres l’a joué rapidement pendant que la défense portugaise protestait. Mikel Merino, entré cinq minutes plus tôt, a surgi dans le dos des défenseurs pour glisser le ballon au fond à la 90+1. La Roja rejoint les quarts pour la première fois depuis son titre mondial de 2010.
3 chiffres clés :
- 90+1 — la minute du but vainqueur de Merino, entré à la 85e.
- 2 parades décisives de Diogo Costa, dont la double sortie devant Yamal et Baena.
- 2010 — dernière qualification espagnole en quart de finale, l’année du sacre.
Spotlight Gunners : soirée parfaite pour Mikel Merino, devenu au fil du tournoi une sorte de super-sub attitré de l’Espagne, et décisif au pire moment pour le Portugal. Derrière lui, David Raya (toujours doublure d’Unai Simón) et Martín Zubimendi valident eux aussi leur billet pour les quarts. Et de l’autre côté, c’est un monument qui s’en va : Cristiano Ronaldo a disputé là son dernier match de Coupe du Monde.
USA 1-4 Belgique — une minute d’espoir, puis la démolition
(Faits — sources : ESPN, Opta, Sofascore.)
Privée de Kevin De Bruyne et Jérémy Doku au coup d’envoi, la Belgique était attendue au tournant. Elle a répondu en posant d’entrée le pied sur le ballon et sur le match. Charles De Ketelaere a ouvert le score dès la 9e minute d’un but tout en opportunisme, après un centre ras-de-terre de Nicolas Raskin.
Le pays hôte a bien cru relancer la soirée à la demi-heure de jeu : Malik Tillman a enroulé un coup franc splendide, la première frappe américaine du match, pour égaliser et soulever Seattle. Mais la joie n’a duré que 52 secondes. Dans la foulée, De Ketelaere a repiqué au second poteau pour redonner l’avantage aux Diables, sur un centre de Leandro Trossard. Ce but a cassé les jambes des Américains. La seconde période n’a été qu’une formalité : Hans Vanaken a corsé l’addition à la 57e après une bourde du gardien Matt Freese, avant que Romelu Lukaku ne referme les débats dans le temps additionnel. Les États-Unis, co-organisateurs, quittent leur Mondial.
L’affaire Balogun, en toile de fond. Le vrai feuilleton de la semaine avait démarré bien avant le coup d’envoi. Titulaire attendu, Folarin Balogun avait écopé d’un carton rouge lors du 16e de finale américain face à la Bosnie-Herzégovine (victoire 2-0), synonyme de suspension pour ce 8e face à la Belgique. Coup de théâtre dimanche : la FIFA a annulé la suspension, rendant l’attaquant disponible — une décision intervenue après un appel téléphonique rapporté du président Donald Trump au président de la FIFA Gianni Infantino. La fédération belge a formellement demandé des explications à la FIFA et contesté l’éligibilité du joueur ; le sélectionneur Rudi Garcia a raillé un possible “poisson d’avril”. Titularisé, Balogun n’a inscrit ni but ni passe décisive, et la Belgique n’a pas manqué de s’en amuser après coup : un cliché de Lukaku savourant son but légendé “Overturn this” (“annulez donc ça”), en écho direct à la polémique.
3 chiffres clés :
- 52 secondes entre l’égalisation de Tillman et le nouveau but de De Ketelaere — le vrai tournant.
- 3 — De Ketelaere, impliqué sur trois buts (deux buts, une passe), une première pour un Belge dans un match de Coupe du Monde.
- 90+3 — le but de Lukaku pour sceller le 4-1.
Spotlight Gunners : c’est Leandro Trossard qui dépose le centre sur le but du break, le 2-1 qui a fait basculer la rencontre. Une passe décisive de plus pour l’ailier belge, qui en compte désormais trois sur le tournoi, et une place en quart de finale au bout.
Encart bracket — un quart 100% Arsenal
(Source : bracket officiel FIFA, vérifié ESPN / FotMob.)
Les deux vainqueurs du soir se croisent au tour suivant : Espagne – Belgique, vendredi 10 juillet à Los Angeles. Et cette affiche a une saveur particulière côté Arsenal, puisqu’elle oppose trois Gunners espagnols — Mikel Merino, David Raya et Martín Zubimendi — à leur coéquipier belge Leandro Trossard. Des partenaires du quotidien, adversaires le temps d’une soirée.
Le reste des quarts se dessine aussi : France – Maroc jeudi 9 juillet à Boston, avec William Saliba en patron de la défense des Bleus, et Norvège – Angleterre samedi 11 juillet à Miami, où Martin Ødegaard retrouvera Saka, Rice, Eze et Madueke pour un autre choc entre Gunners. Il reste deux 8es à jouer mardi pour compléter le tableau : Argentine-Égypte et Suisse-Colombie.
L’analyse GG
(Opinion.)
Deux matchs très différents, mais une même leçon : en phase finale, la maîtrise ne suffit pas, il faut le geste qui fait la différence.
Le Portugal peut nourrir des regrets. Solide, discipliné, bien organisé autour d’un Diogo Costa énorme, il a tenu 90 minutes avant de céder sur une seconde d’inattention. C’est cruel, mais c’est aussi ça, la Coupe du Monde : un détail, un coup franc joué vite, un remplaçant au bon endroit. Pour Ronaldo, c’est une sortie sans éclat, presque en silence, pour ce qui restera comme son dernier Mondial. La fin d’une immense histoire.
La Belgique, elle, a rappelé qu’elle avait encore de l’argenterie dans son effectif, même sans ses stars offensives d’entrée. Reste que le vrai régal, pour nous, c’est ce quart Espagne-Belgique. Trois Gunners contre un, un vestiaire d’Arsenal coupé en deux le temps d’un soir à Los Angeles. Ajoutez à ça Saliba avec les Bleus et le derby Ødegaard-Angleterre, et vous obtenez des quarts de finale où l’on croisera des rouge et blanc à peu près partout. Difficile de faire plus savoureux quand on aime ce club.
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