Arsenal

Mercato : le bilan d'un été en clair-obscur

Défense et milieu renforcés sans que ce soit la priorité, attaque dégarnie sans vrai remplaçant : retour sur un mercato estival 2026 à deux vitesses pour Arsenal, chiffres et avis extérieurs à l'appui.

⚠️ MISE À JOUR (03/09/2026) — Le transfert de Martinelli à Al-Hilal est désormais officiel : £60m fixes plus un intéressement à la revente, quatre ans de contrat. Le détail est dans l’article dédié.

Le mercato d’Arsenal s’est refermé lundi soir, et franchement, ça laisse un goût partagé.

Derrière, sur le papier, c’est du solide. Hincapié devient permanent, et Konsa débarque d’Aston Villa pour épauler une charnière qui vient de perdre Saliba sur blessure. Ce n’était pas la priorité de l’été, mais avec Saliba out, le timing tombe bien. Même histoire au milieu : Bruno Guimarães arrive avec un gros chèque à la clé, alors que ce poste n’était clairement pas ce qui manquait le plus à une équipe qui vient de survoler la Premier League.

Le vrai souci, c’est devant. Et je ne suis pas le seul à le penser.

Défense et milieu : du costaud, mais pas là où on l’attendait

Piero Hincapié a validé son option d’achat après une saison de prêt réussie et un titre : £34,5m, cinq ans de contrat, dossier bouclé dès le 30 juin sans drame. Peu de débat autour de celui-là, il a fait ses preuves toute la saison dernière.

Konsa, c’est une autre histoire. £51m plus bonus pour un défenseur central alors qu’Arsenal en alignait déjà huit dans l’effectif, ça a fait tiquer pas mal de monde. Gary Neville s’est publiquement demandé pourquoi Arsenal avait besoin d’un neuvième défenseur avec un effectif pareil, avant de conclure que ce genre de doublon pouvait justement faire la différence sur une saison longue. Ian Wright, lui, s’est dit simplement content de voir Konsa arriver. Les avis divergent, mais ils reviennent au même point : c’est un bon joueur, ce n’était simplement pas la priorité de tout le monde.

Bruno Guimarães a coûté £75m à Newcastle, la plus grosse dépense de l’été. Là aussi, le monde du football est partagé. Dietmar Hamann trouve prématuré de parler de joueur “top class” avant qu’il ait fait ses preuves à l’Emirates. Jamie Carragher est allé plus loin en jugeant que Bruno a tendance à ralentir le jeu, préférant le profil de Sandro Tonali. À l’inverse, l’analyste Rory Jennings a salué la signature, estimant que la paire Rice-Guimarães s’annonce redoutable au milieu. Bruno est sans doute un bon joueur. Mais c’était déjà le secteur le plus solide de l’équipe.

L’attaque : la vraie déception de l’été

Là où ça devait bouger, rien n’a bougé comme prévu.

Morgan Rogers, identifié tôt comme la priorité offensive, a filé à Chelsea pour un chèque record britannique de £117m qu’Arsenal a refusé de payer. Vinícius Júnior a coupé court en prolongeant au Real Madrid avant même qu’un dossier sérieux ne s’ouvre côté Emirates. Bradley Barcola, la troisième option, s’est heurté au mur des exigences du PSG. Arsenal a couru après ces trois noms pendant tout l’été, sans qu’aucun n’aboutisse. The Athletic a résumé la situation avant la clôture : l’aile gauche restait la vraie question à laquelle Arsenal n’avait pas encore répondu.

Et la liste ne s’arrête pas à ces trois-là. Arsenal négociait aussi Jeremy Monga, jeune ailier de Leicester, autour de £10m et pensait tenir l’accord du joueur, avant que Manchester City ne double tout le monde avec Enzo Maresca en personne pour le convaincre. Malick Fofana a filé en Premier League sans qu’Arsenal ne s’aligne sur le prix demandé par Lyon, Sunderland et Crystal Palace se le disputant jusqu’à la dernière heure. Pedro Neto est resté à Chelsea, qui a fait grimper son prix sans qu’Arsenal ne dépose la moindre offre. Kenan Yıldız n’a jamais quitté la Juventus, Luciano Spalletti fermant la porte en public. Victor Osimhen n’a même pas eu droit à une négociation, le président de Galatasaray refusant de vendre à n’importe quel prix. Julián Álvarez est resté à l’Atlético, qui réclamait environ €150m sans qu’Arsenal ne bouge. Kerim Alajbegović a choisi de rester fidèle à l’Atalanta plutôt que de rejoindre l’Angleterre. Arsenal a aussi envoyé des observateurs suivre Kauã Elias, au Chakhtar Donetsk, sans jamais transformer l’essai, tandis qu’Eli Kroupi et Christian Kofane sont restés à l’état de piste, jamais suivis d’une offre. Antonio Nusa a démenti vouloir quitter Leipzig, et son coéquipier Yan Diomande a filé au Real Madrid sans qu’Arsenal ne s’en mêle.

Pendant ce temps, le club a vendu du monde devant. Gabriel Jesus est parti au Barça pour un montant modeste au regard de son transfert initial. Gabriel Martinelli file vers Al-Hilal pour la plus grosse vente de l’histoire du club, plus de £55m, même si l’officialisation saoudienne se fait toujours attendre. Ethan Nwaneri, lui, part un an à Dortmund en prêt sec.

Ces départs n’ont pas fait l’unanimité côté observateurs anglais. Gabriel Agbonlahor a jugé qu’Arsenal aurait dû garder Martinelli, quitte à lui proposer un nouveau contrat. Alan Smith, ancien attaquant du club, a avoué ne pas comprendre la logique d’un tel transfert vers l’Arabie saoudite pour un joueur encore jeune. Martin Keown a une position plus nuancée, jugeant la vente de Martinelli défendable sur le principe, mais réclamant qu’Arsenal recrute un autre attaquant avant la clôture pour compenser.

Ce recrutement-là n’est jamais arrivé. Le seul renfort offensif de l’été reste Christos Tzolis, arrivé mi-juillet contre £34m. C’est un bon joueur, à un prix raisonnable, mais Ornstein et Romano l’ont présenté dès le départ comme une doublure de qualité, pas comme le patron d’attaque qu’Arteta réclamait.

Analyse GG

Bruno et Konsa, c’est du concret, arrivé au bon moment vu les circonstances : la blessure de Saliba a rendu Konsa presque nécessaire, là où ça ne l’était pas en juin. Mais ce n’est pas là qu’Arsenal avait besoin d’aller chercher cet été. La défense tournait déjà bien, le milieu aussi. C’est devant que le titre se joue face à des adversaires qui vont hausser le ton, et c’est devant qu’Arsenal a le plus reculé : deux départs actés, un prêt, une seule arrivée en remplacement.

Et je ne suis visiblement pas seul à le penser. Quand Martin Keown lui-même dit qu’il fallait recruter un attaquant après avoir vendu Martinelli, et que ça n’arrive pas, ça confirme ce qu’on sent depuis l’intérieur : le plan à l’aile gauche n’a jamais eu de plan B.

Tzolis va jouer, il va même bien jouer. Mais compter sur lui seul pour absorber le départ de Martinelli, celui de Jesus et le prêt de Nwaneri, c’est prendre un vrai risque. La première blessure sérieuse à un poste offensif, et l’effectif se retrouve à nu. On a couru tout l’été après des noms qui claquent, et on a fini la fenêtre avec moins de solutions qu’au premier jour.

Ma note : 4/10. Le secteur qui décide vraiment le titre, c’est l’attaque, et c’est celui qu’Arsenal a le plus dégarni sans jamais le renforcer. Le reste est du bon travail, mais il ne compense pas ce trou-là.