Bilan du mardi 14 juillet — l'Espagne éteint les Bleus et file en finale, Saliba sort en larmes
La première demi-finale a rendu son verdict à Arlington : l'Espagne a dominé la France de bout en bout (0-2), portée par un Rodri impérial et un Lamine Yamal insaisissable. Penalty d'Oyarzabal, une-deux conclu par Pedro Porro, et un crève-cœur en prime : William Saliba, touché aux ischios, a quitté la pelouse en larmes dès la 30e minute. La Roja attend le vainqueur d'Angleterre-Argentine en finale.

La première demi-finale de cette Coupe du Monde promettait un sommet entre les deux sélections les plus impressionnantes du tournoi. Elle a accouché d’une démonstration à sens unique. À Arlington, l’Espagne a battu la France 2-0, sans jamais donner l’impression de pouvoir être rattrapée, et s’offre sa première finale mondiale depuis 2010. Pour nous, la soirée a un double goût amer : le rêve des Bleus s’envole, et William Saliba a quitté la pelouse en larmes, blessé, avant même la demi-heure de jeu.
France 0-2 Espagne — la Roja confisque le ballon, et le rêve avec
(Faits — sources : ESPN, FOX Sports, FIFA.)
On savait que cette Espagne aimait le ballon. On ne pensait pas qu’elle le garderait à ce point. Dès les premières minutes, la Roja a installé son toucher de balle, ses triangles et sa patience, et la France a compris qu’elle passerait la soirée à courir. Le tournant est arrivé à la 22e minute : Lamine Yamal, insaisissable dans son couloir, a obtenu un penalty sur une faute de Lucas Digne. Mikel Oyarzabal a transformé sans trembler, son cinquième but du tournoi.
Huit minutes plus tard, la soirée a basculé du cruel au douloureux : William Saliba, seul, sans contact, s’est arrêté net en se tenant l’arrière de la cuisse gauche. Le défenseur d’Arsenal a quitté la pelouse en larmes, remplacé par Maxence Lacroix. Diminuée dans son axe, la France n’a jamais trouvé les ressources pour revenir. À la 58e, Pedro Porro a conclu un une-deux parfait avec Dani Olmo pour le 2-0, et Lamine Yamal a même cru inscrire le troisième, refusé pour un hors-jeu de quelques centimètres selon Goal. Les tentatives de Kylian Mbappé ont fui le cadre, et les Bleus ont terminé le match sans jamais avoir donné le sentiment de pouvoir le renverser.
3 chiffres clés :
- 0,30 — l’xG total de la France sur le match, contre 1,63 pour l’Espagne. Les occasions franches n’ont existé que d’un côté.
- 2 sur 2 — les tirs cadrés espagnols convertis en buts : Mike Maignan n’a pas eu un seul arrêt à faire, les deux ballons cadrés ont fini au fond.
- 30e — la minute de la sortie sur blessure de William Saliba, touché aux ischios.
Spotlight Gunners : l’image de la soirée restera celle de William Saliba en larmes, touché aux ischio-jambiers sans le moindre contact, sorti dès la 30e minute d’une demi-finale de Coupe du Monde. Un crève-cœur pour le roc des Bleus, dont le tournoi était jusque-là impeccable, et une inquiétude pour Arsenal à cinq semaines de la reprise de la Premier League. Côté espagnol, David Raya, Mikel Merino et Martín Zubimendi sont restés sur le banc, mais le résultat leur ouvre les portes d’une finale de Coupe du Monde. Trois Gunners assurés de vivre le match le plus important de la planète football, dimanche à New York.
Encart bracket — l’Espagne en finale, la réponse demain à Atlanta
(Source : bracket officiel FIFA, vérifié ESPN / FOX Sports.)
La moitié gauche du tableau a rendu son verdict : l’Espagne jouera la finale le 19 juillet au MetLife Stadium. En face, tout se décide demain soir à Atlanta : Angleterre – Argentine, le champion du monde en titre face aux Three Lions de Bukayo Saka, Declan Rice, Eberechi Eze et Noni Madueke. Si l’Angleterre passe, la finale opposera des Gunners aux Gunners : Raya, Merino et Zubimendi d’un côté, le quatuor anglais de l’autre.
L’analyse GG
Cette Espagne fait peur, tout simplement. On a vu les Bleus dominer leur moitié de tableau avec une facilité déconcertante, et pourtant, mardi soir, ils n’ont jamais existé. La différence ne s’est pas jouée sur un détail ou un exploit : elle s’est jouée sur la maîtrise collective, celle d’une équipe qui décide où se joue le match et ne change jamais d’avis. Rodri a été monstrueux dans ce registre, toujours au bon endroit, toujours juste, et Dani Olmo a passé la soirée à apparaître entre les lignes là où personne ne l’attendait.
Pour la France, la sortie de Saliba a évidemment pesé, mais soyons honnêtes : le match avait déjà pris sa direction avant la blessure. Ce qui inquiète le supporter d’Arsenal, c’est la suite : des ischios touchés sans contact, à cinq semaines de la reprise, c’est le scénario que tout le monde redoutait. On croise les doigts pour Willy, et on se console comme on peut : quoi qu’il arrive dimanche, il y aura au moins trois Gunners sur la pelouse d’une finale de Coupe du Monde. Et peut-être sept, si l’Angleterre fait le travail demain.


