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Bilan du samedi 18 juillet — dix buts, un triplé de Saka et l'adieu raté de Deschamps

Le match pour la 3e place a tourné à la folie : France 4-6 Angleterre, plus haut total de buts d'un match de Coupe du Monde depuis 1982. Menés 0-4 à la pause après une première période que Didier Deschamps a lui-même qualifiée d'« indigne », les Bleus se sont réveillés trop tard. Bukayo Saka, resté sur le banc tout le tournoi, a claqué un triplé. L'Angleterre finit 3e, son meilleur Mondial depuis 1966 ; Deschamps quitte son poste sur une défaite.

Bilan du samedi 18 juillet : France-Angleterre, match pour la 3e place de la Coupe du Monde 2026

Un match pour la 3e place, ça n’emballe personne sur le papier. Celui-là a fini par offrir dix buts, un record, un triplé et un adieu. À Miami, la France s’est inclinée 4-6 face à l’Angleterre au terme d’un match qui n’avait plus rien d’un match de consolation — parce qu’on n’avait jamais vu ça, ou presque, et parce que c’était le dernier de Didier Deschamps sur le banc des Bleus. Pour nous, une image surnage quand même : Bukayo Saka, laissé sur le banc tout le tournoi, a choisi ce soir-là pour s’offrir un triplé.


France 4-6 Angleterre — deux mi-temps, deux équipes différentes

(Faits — sources : ESPN, FOX Sports, FotMob, Sports Illustrated.)

Il faut commencer par la première période, parce que tout est parti de là. En quarante-cinq minutes, l’Angleterre a plié le match. Declan Rice a ouvert le score dès la 3e minute, Ezri Konsa a doublé la mise de la tête à la 18e, et Bukayo Saka a frappé deux fois avant la pause (37e, puis 45+1). 0-4 à la mi-temps, et une France méconnaissable : dépassée dans l’intensité, à côté de ses duels, incapable de tenir un ballon. Deschamps ne s’est pas caché après le match : il a parlé d’une première période « indigne ».

La seconde mi-temps a raconté l’inverse. Deschamps a lancé quatre changements d’un coup à la pause, et la France s’est réveillée d’un coup. Kylian Mbappé a réduit l’écart à la 48e, servi par Michael Olise ; Bradley Barcola a suivi à la 54e ; puis Mbappé encore à la 66e, toujours sur un service d’Olise. 4-3, et l’espoir d’un retournement fou. Mais Saka a redonné deux buts d’avance à l’Angleterre sur penalty à la 87e pour boucler son triplé. Ousmane Dembélé a relancé le suspense à 90+6, avant que Jude Bellingham, entré en jeu, ne referme le match d’un solo à 90+8. 4-6.

3 chiffres clés :

  • 10 — le nombre de buts, le plus haut total d’un match de Coupe du Monde depuis Hongrie-Salvador (10-1) en 1982, et un record absolu pour un match pour la 3e place.
  • 22 — le nombre de buts de Mbappé en Coupe du Monde après son doublé : il devient le meilleur buteur de l’histoire de la compétition, devant Lionel Messi.
  • 1966 — l’Angleterre signe son meilleur classement en Coupe du Monde depuis son titre, il y a soixante ans.

Arsenal Spotlight Gunners : c’est la belle histoire de la soirée, et elle est arsenalienne. Bukayo Saka avait passé tout le tournoi sur le banc, écarté du onze en demi-finale, spectateur de l’élimination anglaise sans jouer une minute. Pour son premier vrai temps de jeu de la phase finale, il a répondu par un triplé (37e, 45+1, penalty à la 87e) et est reparti avec le ballon du match. Declan Rice, lui, a ouvert le score dès la 3e minute — son premier but dans cette Coupe du Monde. Eberechi Eze était titulaire et a bouclé sa rencontre avec 100 % de passes réussies. Côté français, William Saliba, blessé aux ischios en demie, n’était pas de la partie.


Encart — la France finit 4e, la finale ce dimanche

(Source : programme officiel FIFA, vérifié ESPN / Yahoo Sports.)

Cette petite finale ne changeait rien au tableau, mais elle fixe le classement : l’Angleterre termine troisième, la France quatrième. Le tournoi se referme ce dimanche 19 juillet au MetLife Stadium (21h, heure de Paris), avec la finale entre l’Espagne et l’Argentine. Trois Gunners seront dans le groupe espagnol — David Raya, Mikel Merino et Martín Zubimendi. Après ce France-Angleterre, plus aucun Gunner côté anglais ni français en lice : le dernier acte se jouera sans Bleus.

L’analyse GG

Difficile de savoir quoi retenir d’un match pareil. Il y a le spectacle, indéniable : dix buts, un rythme de jeu vidéo, un stade qui bascule deux fois. Et il y a le fond, moins réjouissant quand on est français. Une équipe de France ne prend pas quatre buts en une mi-temps par hasard, même dans un match sans enjeu. L’envie n’y était pas, l’intensité non plus, et Deschamps a été le premier à le dire.

C’est peut-être ça, le plus dur à avaler : que le dernier match d’un sélectionneur qui a tout gagné se solde par une première période qu’il juge lui-même indigne. Quatorze ans, une Coupe du Monde, deux finales, et une sortie sur une déroute à Miami. On aurait aimé un autre décor pour lui dire au revoir.

Reste l’orgueil de la seconde période, et reste Saka. Voir le meilleur ailier anglais de sa génération quitter un Mondial sur un triplé, après avoir tout regardé depuis le banc, ça a quelque chose de juste. Il ne pourra pas dire qu’il n’a pas marqué cette Coupe du Monde. Et nous, on garde ça, avant de tourner la tête vers la seule affiche qui compte encore : Espagne-Argentine, dimanche.